Empreintes fugitives

20 novembre 2020

Les gens qu'on aime #14


Quelqu’un qu’on a admiré

Nous nous connaissions, Sylvie et moi, depuis l'école primaire. Nous avions partagé des jeux, des copinages, des fêtes d'anniversaire. L'entrée en Sixième nous avait séparées même si nous fréquentions le même lycée, mais plus la même classe.

Nous nous sommes retrouvées en classe de troisième. Comme nous habitions dans le même quartier, nous avions pris l'habitude de nous retrouver vers sept heures pour monter au lycée à pied ensemble, ce qui représentait une grosse demi-heure. Le soir, à dix-huit heures, après les cours, nous redescendions par le même chemin, un circuit effectué de nuit pendant tout l'hiver, par un itinéraire qui n'était pas très rassurant.
Jusqu'à la "Maison sans escalier", bâtiment art déco sur lequel s'achevait la rue Désiré Claude, nous longions des immeubles, mais ensuite il nous fallait traverser la voie ferrée de la ligne Saint-Etienne /Le Puy, au milieu de terrains vagues, puis nous rejoignions la rue du Mont sans croiser âme qui vive, petits ateliers en planches, friches encombrées de ferraille, nous prenions ensuite la rue de l'Égalerie, croisions la rue des Verriers, la rue de la Lithographie, bordées d'usines, pour arriver rue Buffon où se situait le lycée.
Ces trajets quotidiens faisaient notre bonheur, ils ouvraient une parenthèse sur un monde qui nous était totalement inconnu. A l'aller nous appartenions encore un peu à la sphère familiale. Le chocolat du matin, le souvenir fugitif d'un rêve, la chaleur de l'appartement que nous emportions dans nos vêtements nous enveloppaient, nous nous repassions en tête les leçons, nous parlions peu. Mais, au retour, nous jacassions comme des pies, revenant inlassablement sur les événements de la journée.

C'est au cours de ces marches quotidiennes que nous avons appris à nous connaître, à nous découvrir des centres d'intérêt communs, des enthousiasmes partagés.
J'admirais Sylvie sans réserve, totalement. Elle me semblait tellement plus mature que moi, avait toujours des histoires passionnantes à raconter. Il me semblait que sa vie était exaltante, faite de rencontres, de découvertes à côté desquelles mon existence paraissait bien fade! Je m'étonnais sans cesse qu'elle puisse trouver de l'intérêt à nos conversations, un relief quelconque à ma personne!

Se forgea ainsi entre nous une amitié qui dura trois ans. L'annonce de son départ à la fin de l'année de Première, son père ayant été muté dans la région parisienne me désespéra.
Commença alors entre nous une correspondance assidue qui était la prolongation de nos discussions d'avant. L'année de Terminale, et surtout la découverte de la philosophie avait ouvert pour nous la voie à d'autres enthousiasmes, de nouveaux emballements dont nos lettres interminables se faisaient le reflet. Tout était prétexte à la confrontation de nos points de vue: l'art, la religion, l'actualité. Tout y passait.
Je me souviens d'un échange de lettres consacrées à la beauté des chantiers et de leurs grues!

Sylvie était passionnée par le cinéma, elle avait déjà arrêté son orientation future: elle ferait l'IDHEC, l'Institut des Hautes Études Cinématographiques, le Graal de ceux qui voulaient devenir cinéastes. Ses parents lui avaient offert une caméra et elle m'envoyait ses idées de scénarios...


sylvie.jpg, nov. 2020

Cette détermination, la certitude de son choix, l'ampleur des ambitions, tout cela me donnait l'impression d'être bien falote et quelconque, moi qui n'avait aucune idée de l'avenir dont je voulais.
Avec l'entrée en fac, nos échanges s'espacèrent un peu, il me semblait qu'elle suivait son chemin sans dévier d'un pouce lorsque j'avais finalement renoncé à la philo, que j'avais eu du mal à rebondir et que je commençais enfin à trouver ma place. Puis je n'eus plus de nouvelles.

En 1971, quelques semaines avant les vacances de Pâques, elle m'appela au téléphone. Elle avait finalement renoncé à l'école de cinéma, avait poursuivi les études de Philo qu'elle avait entamées dans l'attente du concours de l'IDHEC et enseignait maintenant dans un établissement privé. Elle projetait un séjour dans la région de Cluny avec quelques copains, elle serait contente que je me joigne à eux.

C'est ainsi que je découvris la communauté de Taizé. Dans la foulée de 1968, de très nombreux jeunes se retrouvaient à Taizé , dans cet espace œcuménique qui se voulait lieu de fraternité et d'échanges. Cette année là eut lieu pour Pâque le premier Concile de jeunes. Nous nous retrouvions dans cette idée de dépasser les religions pour adhérer à une morale et à un idéal refusant les attitudes dogmatiques.
Ce séjour fut le point d'orgue de notre amitié, nous avions retrouvé les élans idéalistes qui avaient marqué nos années de lycée.

Nous avons ensuite été toutes les deux aspirées par la réalité d'une vie faite de hauts et de bas, pas toujours conforme à ce que nous avions espéré. J'espère vraiment qu'elle a pu, comme je pense l'avoir fait , rester fidèle à ses convictions et à ses aspirations.

taize_1.jpg, nov. 2020

taize_0.jpg, nov. 2020

18 novembre 2020

Les gens qu'on aime #13


Quelqu’un qu’on a connu quand on était jeune

jean.jpg, nov. 2020

Encore un prénom masculin, encore quelqu'un qui s'appelait Jean (ou s'appelle encore? je ne sais plus rien de lui…).
Il était de trois ans ans mon aîné.
Je l'appelais mon "cousin" parce que mon parrain était son oncle, mais je n'avais pas la moindre parenté avec lui, d'abord parce que mon parrain n'était pas mon grand-père, ensuite parce que Mathilde, (qu'on appelait Mimi, je n'ai appris son véritable prénom que bien plus tard), la sœur de mon parrain et son mari, ne pouvant pas avoir d'enfant, avaient fini par adopter ce petit garçon qu'ils avaient recueilli bébé. Tous deux vouaient à leur fils une véritable vénération et vivaient dans l'angoisse permanente de l'accident ou de la maladie. Lorsqu'ils étaient en vacances sur la Côte d'Azur, par souci d'hygiène, ils faisaient bouillir les galets ramassés sur la plage qu'ils déposaient ensuite sur la serviette de bain à côté de l'enfant pour qu'il puisse jouer. Tous les objets qu'il manipulait devaient être ainsi soigneusement préservés de tout risque de microbe! Ces excès de précautions furent-ils la cause du drame?
À l'âge de quatre ans, en 1949, Jean contracta la poliomyélite dont il guérit mais qui lui laissa une jambe atrophiée qu'il devait lancer en avant pour se déplacer. Je ne sais pas exactement à quel moment j'ai pris conscience de son handicap, je pense que pendant très longtemps je n'y ai même pas fait attention.
Nos familles étaient très proches et nous avions souvent l'occasion de nous rencontrer. Nous habitions le même ensemble d'immeubles et, du balcon de notre cuisine, je voyais les fenêtres de leur appartement.
Pourtant, des années durant, Jean n'apparaît que très sporadiquement dans mes souvenirs. Ce sont d'abord les images fugitives des moments passés au sein de cette famille, infiniment plus aisée que la mienne, dans l'appartement où tout m'éblouit, la beauté et l'élégance de la mère de Jean, l'aisance naturelle du petit garçon en dépit de son handicap et qui m'intimide un peu, sa chambre qui souligne sa différence d'âge avec moi..
Nouvelle rupture dans ma mémoire, en 1953 la mère de Jean fut emportée en quelques mois par une leucémie foudroyante. L'enfant que j'étais fut tenue à l'abri de cette tourmente qui affecta terriblement mes parents . Ils se montrèrent très présents auprès du couple, puis de Jean et de son père. De cela je n'ai rien retenu.

Des images à nouveau, la vie a repris son cours, nous avons retrouvé nos soirées avec Jean et son père, sous le regard figé de Mimi, dans son cadre. Nous avons grandi - un peu -, j'admire toujours la désinvolture de Jean, sa confiance en lui. Nous avons une complicité d'enfants également solitaires et protégés à l'extrême par l'entourage familial. Jean fait du piano, il jubile de l'admiration que je lui manifeste, nous laissons les parents discuter entre eux et il m'entraîne dans sa chambre. Allongés sur le tapis nous faisons d'interminables parties de Monopoly, il joue de son prestige d'aîné. Il me laisse aux commandes de son train électrique.
Je me souviens d'une nuit d'orage pendant laquelle les coups de tonnerre se répercutaient indéfiniment entre les immeubles et les éclairs illuminaient la cour derrière la fenêtre de sa chambre. J'étais terrifiée, il m'avait alors expliqué, fort d'une science toute neuve, que nous ne risquions rien car l'immeuble en béton formait une cage de Faraday qui nous protégeait. De ce jour je n'eus plus jamais peur de l'orage!

Un trou dans le temps à nouveau...Après son baccalauréat il part à Lyon pour faire des études de pharmacie - il est inenvisageables qu'il ne suive pas les traces paternelles - je suis encore au lycée mais, à ses yeux j'ai enfin cessé d'être la petite fille qu'il ne peut plus guère éblouir. Petit à petit se développe entre nous une amitié qui se tisse au fil des lettres que nous échangeons, des conversations téléphoniques interminables le samedi lorsqu'il rentre de Lyon, de ses visites à la maison.
C'est toujours lui qui vient, jamais l'inverse, il est en pleine révolte contre son père, ne travaille pas, collectionne les notes catastrophiques; il fuit la maison où règne désormais la deuxième épouse de son père avec laquelle il ne s'entendra jamais. Le rejet de "l'étrangère" que, devant moi, il ne désigne que par son nom de jeune fille, ne fera que grandir à partir du moment où deux enfants naîtront!
Jean me fait la confidente de sa hargne, de son désir de liberté absolue, de son refus des règles sociales…
Il me considère toujours avec une certaine condescendance, me trouve trop respectueuse du code éducatif, aime à parer de mystère sa vie d'étudiant en rupture de ban, égrène sans fin, à chacune de ses visites, le récit de ses conquêtes d'une nuit.
Nous sommes au théâtre, chacun joue son rôle à la perfection: il est le provocateur cynique, je pousse la discussion sans rien lâcher, je me fais les dents à ces joutes enflammées qui se terminent souvent dans un claquement de porte et s'apaisent grâce à un coup de téléphone réconciliateur.

Cette amitié fantasque durera plusieurs années, jusqu'à ce que mes parents , inquiets de cette trop grande proximité entre nous, mettent un veto sur nos rencontres.
Puis nos familles, pour d'autres raisons bien plus graves, s'éloignèrent de manière définitive, la vie nous emmena Jean et moi sur d'autres routes. J'avais de temps de temps de ses nouvelles, il rentra dans le rang familial, fit "un beau mariage". Puis je ne sus plus rien de lui.

17 novembre 2020

Les gens qu'on aime #12


Quelqu'un qui nous a donné quelque chose de précieux


jean_L_2.jpg, nov. 2020

Jean L. était le mari de la sœur cadette de ma grand-mère, la petite dernière, adulée par son père.
Mon arrière grand-père, maître de forge à Saint-Etienne, avait vu ses espoirs comblés lorsque ce jeune patron d'une manufacture de machines-outils avait demandé en mariage sa fille préférée.
La tradition familiale dont s'étaient radicalement éloignés ses trois autres enfants serait enfin perpétuée!


En dépit de ce statut de gendre idéal qui avait relégué le frère et les sœurs aînés de ma tante, Jean L. avait immédiatement conquis le cœur de la fratrie. C'était ce que l'on appelait à l'époque un "chevalier de l'industrie", mais il n'en tirait aucune gloire et même si le couple menait grand train, Jean traitait ses beaux-frères et belles-sœurs sans condescendance, il ne les considéra jamais de haut et resta très proche des uns et des autres.

Il avait une affection toute particulière pour mes parents et, pendant longtemps les deux couples se fréquentèrent assidûment. Je vouais à Jean une admiration sans borne, d'autant plus qu'il accordait une attention patiente et sincère à l'adolescente un peu ingrate et trop entière dans ses jugements que j'étais. Il jouait volontiers le rôle de mentor, mais sans jamais me traiter comme une gamine.

Jean était un grand lecteur et un amateur d'art. A partir de mes dix ans, chaque année, pour Noël et pour mon anniversaire, je recevais pour consigne d'aller dans une des librairies de la ville dont mon oncle était client, pour y choisir le livre d'art qui me ferait envie. La libraire offrait alors à mon regard émerveillé les plus beaux livres de ses rayons. C 'est ainsi que se constitua pour moi, au fil du temps, une bibliothèque extraordinaire dont je n'aurais jamais osé rêver.
Nous allions très souvent chez mon oncle et ma tante pour passer la soirée. A cette occasion je disposais toujours d'un moment privilégié avec Jean, dans le salon où il aimait particulièrement se tenir, et il me questionnait sur mon travail, mes ambitions, mes lectures, les spectacles que j'étais allée voir.
Au printemps 1966, alors que j'étais en Propédeutique, nous apprîmes qu'on lui avait diagnostiqué un cancer du poumon, dès lors, je pris l'habitude un soir par semaine d'aller le voir après mes cours de fac. Nous avions ensemble de longs moments de complicité, je restais auprès de lui jusqu'à ce que la fatigue l'oblige à me congédier. Pour moi ces instants étaient inestimables, pour l'attention qu'il me donnait et pour la richesse de ces instants de partage


jean_L_1.jpg, nov. 2020

Quelque temps après son décès, ma tante nous invita mes parents et moi dans la nouvelle maison où elle venait d'emménager, elle avait, nous dit-elle, une promesse à tenir.
Son mari l'avait chargée de me remettre l'intégralité de sa collection d'ouvrages de la bibliothèque "La Pléiade" en souvenir du temps que je lui avais consacré et des discussions que nous avions eues pendant si longtemps.

pleiade_0.jpg, nov. 2020

Les gens qu'on aime #11


Quelqu’un qui nous a fait découvrir quelque chose


Son nom a resurgi de ma mémoire alors que je discutais avec un des bénévoles de mon association et que nous évoquions les foyers accueillant des adolescents placés par décision judiciaire. Ces lieux de vie où le quotidien est très difficile aussi bien pour ceux qui y grandissent que pour ceux qui les accompagnent dans ce cheminement souvent douloureux, j'en ai connus plusieurs au cours de ma vie professionnelle.

J'ai découvert cet univers grâce à Maurice C., directeur d'école à Saint-Etienne dont j'avais fait la connaissance alors que j'étais étudiante. Il m'avait d'abord recrutée pour faire "les études surveillées", ce service que les instituteurs devaient à leur école, ancêtre du périscolaire actuel. Lorsque les enseignants avaient des contraintes familiales qui les empêchaient de rester jusqu'à 18 heures pour garder les élèves et les aider à faire leurs devoirs, le directeur se chargeait de recruter des étudiants. Pendant plusieurs années je fis donc les études dans l'école d'un quartier de Saint-Etienne particulièrement difficile.
A la fin de la première année, Maurice C. me demanda si j'étais d'accord pour travailler durant l'été comme monitrice dans la colonie qu'il dirigeait . Il s'agissait d'un établissement appartenant à la ville de Saint-Etienne, situé au cœur du massif du Pilat et qui accueillait des enfants défavorisés de la commune. Une partie importante de l'effectif était constituée de filles et de garçons venant d'un foyer d'accueil de la banlieue stéphanoise à qui étaient offertes ces vacances : ils quittaient ainsi un dortoir pour un autre!!

Le bâtiment était vétuste, situé au bord d'une route départementale que les enfants devaient traverser pour aller jouer dans le grand parc. Un poêle à bois chauffait chaque dortoir et je me souviens des rangées de bacs alimentés par de l'eau froide où ils faisaient leur toilette, les douches en ligne, sans séparation.
Le petit groupe de moniteurs, trois garçons et autant de filles, si je m'en souviens bien, était encadré par Maurice C., l'intendance était assurée par sa femme.
Sec et maigre, petites lunettes cerclées de métal, sarrau gris qu'il ne quittait que pour un pantalon de velours et un pull austère lorsqu'il nous accompagnait dans une sortie avec les enfants, il incarnait parfaitement l'instituteur dont le métier était chevillé au corps. Intransigeant et sévère mais juste, il adorait ces gamins difficiles à mener, souvent rebelles. Un peu d'attention, un sourire suffisaient à révéler le besoin d'amour dont ils débordaient.

Les pensionnaires du foyer étaient reconnaissables à leurs maillots à côtes, à leurs chaussettes de laine marron tricotées, à leurs shorts en grosses toiles et aux lourds brodequins qu'ils portaient quel que soit le temps.


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L'été filait sans qu'on s'en aperçoive, rythmé par les activités, les jeux de pistes, les trois jours de camp passés sous la tente à une dizaine de kilomètres de la colonie, les parties interminables de tarot le soir, lorsque les mômes étaient enfin couchés, les réunions avec Maurice C., intransigeant sur les règles à suivre et les objectifs à tenir mais toujours à notre écoute. Il se montrait affectueusement complice lorsque, certaines nuit, ceux qui n'étaient pas de garde s'échappaient pour aller à la maraude dans les vergers de pêches et d'abricots sur les pentes qui descendaient vers le Rhône.

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13 novembre 2020

Les gens qu'on aime #10



quelqu’un qui aime l’art

L'art, sous toutes ses formes, tient une grande place dans ma vie.

Comme j'aimais le dessin, quand j'eus quatorze ou quinze ans, mes parents m'inscrivirent à un atelier dirigé par Marguerite C., dessinatrice et comédienne, fille d'un tisseur stéphanois. Son atelier était situé sous les combles de l'atelier familial, dont les fenêtres immenses, s'ouvraient sur la cour intérieure de l'un de ces immeubles de passementiers de la rue de la République. Nous étions peu nombreuses, ce qui m'allait très bien, inquiète que j'étais du regard des autres sur moi. Nous commencions par un temps de yoga puis Mademoiselle C. s'appliquait à libérer notre imagination, à nous dégager des règles, à nous faire découvrir les matières, les textures. On ne faisait pas uniquement du dessin ou de la peinture, mais des collages, du modelage…A la belle saison, elle nous emmenait parfois en car à Bonson, dans sa maison familiale et nous allions peindre en pleine nature, le long de la Loire. "Peins ce que tu vois, ne te préoccupe pas de ressemblance," nous disait-elle. Elle était très attachée à une création libre de contraintes, elle privilégiait le regard personnel, les sensations. Elle aimait profondément son art, mais je crois qu'elle aimait plus encore transmettre cette passion.
Cette femme originale, au franc-parler, profondément pédagogue me marqua intensément.
Ma vie a été jalonnée de personnes comme Marguerite C. dont l'amour de l'art était fait de partage et de communication.

Durant mes années lyonnaises, j'ai accompagné la destinée d'une association musicale dont l'école transmettait l'enseignement de Jacques Chapuis, musicien suisse fondateur l’Association internationale d’éducation musicale Willems, dont la méthode a pour but de favoriser l'épanouissement de l'enfant par la pratique collective de la musique, et par le travail de l’oreille harmonique. L'éducation artistique y était d'abord apprentissage du monde, de sa perception et apprentissage de soi.
Je retrouvais d'une certaine façon la sensibilité de Marguerite C., sa conception de l'art et de ce qu'il doit apporter à l'individu en devenir.
Tout au long de cette aventure musicale, j'ai côtoyé de belles personnes pour lesquelles l'art était d'abord dans le regard et dans l'oreille de celui qui le pratique ou le découvre.

Nicole, Marie Hélène, Frédéric, Pascale, Véronique, Jean Do, Christophe...et tous ceux qui, aujourd'hui encore, font vivre cette école, des personnalités lumineuses…

isa_piano.jpg, nov. 2020

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