Empreintes fugitives

03 décembre 2020

Winter is coming!



soleil_couchant.jpg, nov. 2020


Photo prise le 2 novembre...Ce soir, point de soleil à l'horizon, mais la première neige sur les pentes des monts du Forez.

J'écoute le Cantique de Jean Racine de Fauré, un de ces morceaux de musique qui font passer le frisson...

 

 

 

 

A toutes les fois où nous avons frissonné ensemble en entendant nos filles chanter dans une nef d'église!

 

 

24 novembre 2020

Les gens qu'on aime #17



Oui je sais, il manque le #16, je l'ai écrit, publié et en pleine nuit je suis allée le mettre hors-ligne, difficile de parler de certaines personnes... je vais encore réfléchir avant de publier le billet!

Quelqu’un qui a eu des enfants

Beaucoup d'enfants! Dans une famille où il y en avait peu!
La cousine de ma mère était la fille unique de la sœur aînée de ma grand-mère.
Au début de la seconde guerre mondiale, ma grand-tante habitait le Chambon-sur-Lignon où elle était propriétaire d'une des maisons pour enfants fondées au début du siècle dans la foulée de "l'Œuvre des Enfants à la Montagne" créée par le pasteur Louis Comte. Aidée par sa fille, infirmière, elle dirigeait d'une poigne de fer la pension qui accueillait une trentaine d'enfants. Avant son mariage ma mère avait séjourné régulièrement au Chambon où elle aidait sa tante à la comptabilité. Le mari de M. C. était un homme cordial et entreprenant, à la plaisanterie facile, il adorait les enfants et ceux-ci le lui rendaient bien. Après leur mariage, mes parents continuèrent à monter régulièrement au Chambon; mon père aidait aux travaux d'amélioration de l'austère bâtisse, ma mère retrouvait avec plaisir les trois aînés de sa cousine.

le_chambon.jpg, nov. 2020

Le couple éleva sans faille leurs huit enfants, donnant à chacun une solide éducation. Il offrit à tous les moyens de suivre le chemin qu'ils avaient choisi, dans des domaines extrêmement différents.

Durant une dizaine d'années, je passerai régulièrement dimanches et petites vacances au Chambon chez ma grand' tante et je garderai longtemps la nostalgie de ces séjours en Haute-Loire où je me retrouvais, moi la fille unique, au cœur d'une joyeuse tribu disparate dans laquelle les adolescents initiaient les plus jeunes à leurs jeux. Je passais mes journées entre les pensionnaires et mes petits-cousins.
À leurs yeux j'étais craintive et maniérée, je pleurais vite et me faisais traiter de "chouineuse" par mes cousins qui n'avaient pas beaucoup d'indulgence pour la gamine de la ville peu hardie que j'étais. Et pourtant, j'étais inexplicablement attirée par la lumière dans laquelle dansaient ces feux-follets aux mollets égratignés, aux capes de laine noire, aux robes pratiques pour courir par les sentiers. Dans cet univers qui, à mes yeux naïfs, symbolisait la liberté absolue, ils avaient le droit de se salir, de laisser les chaussettes tirebouchonner sur les chevilles, d'avoir les joues barbouillées, les cheveux libres au vent. Mes cousines faisaient de la balançoire "plus haut, encore plus haut!", descendaient seules au village en marchant sur la grand' route, se juchaient sur les murs pour y lire, tranquilles, couraient dans les escaliers…
Et , toujours, je revenais au Chambon avec la même envie et le même enthousiasme.

17 novembre 2020

Les gens qu'on aime #12


Quelqu'un qui nous a donné quelque chose de précieux


jean_L_2.jpg, nov. 2020

Jean L. était le mari de la sœur cadette de ma grand-mère, la petite dernière, adulée par son père.
Mon arrière grand-père, maître de forge à Saint-Etienne, avait vu ses espoirs comblés lorsque ce jeune patron d'une manufacture de machines-outils avait demandé en mariage sa fille préférée.
La tradition familiale dont s'étaient radicalement éloignés ses trois autres enfants serait enfin perpétuée!


En dépit de ce statut de gendre idéal qui avait relégué le frère et les sœurs aînés de ma tante, Jean L. avait immédiatement conquis le cœur de la fratrie. C'était ce que l'on appelait à l'époque un "chevalier de l'industrie", mais il n'en tirait aucune gloire et même si le couple menait grand train, Jean traitait ses beaux-frères et belles-sœurs sans condescendance, il ne les considéra jamais de haut et resta très proche des uns et des autres.

Il avait une affection toute particulière pour mes parents et, pendant longtemps les deux couples se fréquentèrent assidûment. Je vouais à Jean une admiration sans borne, d'autant plus qu'il accordait une attention patiente et sincère à l'adolescente un peu ingrate et trop entière dans ses jugements que j'étais. Il jouait volontiers le rôle de mentor, mais sans jamais me traiter comme une gamine.

Jean était un grand lecteur et un amateur d'art. A partir de mes dix ans, chaque année, pour Noël et pour mon anniversaire, je recevais pour consigne d'aller dans une des librairies de la ville dont mon oncle était client, pour y choisir le livre d'art qui me ferait envie. La libraire offrait alors à mon regard émerveillé les plus beaux livres de ses rayons. C 'est ainsi que se constitua pour moi, au fil du temps, une bibliothèque extraordinaire dont je n'aurais jamais osé rêver.
Nous allions très souvent chez mon oncle et ma tante pour passer la soirée. A cette occasion je disposais toujours d'un moment privilégié avec Jean, dans le salon où il aimait particulièrement se tenir, et il me questionnait sur mon travail, mes ambitions, mes lectures, les spectacles que j'étais allée voir.
Au printemps 1966, alors que j'étais en Propédeutique, nous apprîmes qu'on lui avait diagnostiqué un cancer du poumon, dès lors, je pris l'habitude un soir par semaine d'aller le voir après mes cours de fac. Nous avions ensemble de longs moments de complicité, je restais auprès de lui jusqu'à ce que la fatigue l'oblige à me congédier. Pour moi ces instants étaient inestimables, pour l'attention qu'il me donnait et pour la richesse de ces instants de partage


jean_L_1.jpg, nov. 2020

Quelque temps après son décès, ma tante nous invita mes parents et moi dans la nouvelle maison où elle venait d'emménager, elle avait, nous dit-elle, une promesse à tenir.
Son mari l'avait chargée de me remettre l'intégralité de sa collection d'ouvrages de la bibliothèque "La Pléiade" en souvenir du temps que je lui avais consacré et des discussions que nous avions eues pendant si longtemps.

pleiade_0.jpg, nov. 2020

05 novembre 2020

Pour occuper novembre... le défi des gens qu'on aime#1

Je n'aime pas trop me joindre aux défis lancés sur les blogs, j'ai du mal à m'imposer les contraintes quotidiennes qu'ils sous-entendent. Mais celui-là me plaît bien, il a été démarré par Dr CaSo pour le mois de novembre.

"le défi des gens qu’on aime!
Chaque jour, on écrit un post de blog (ou un commentaire) à propos de quelqu’un qu’on aime ou qu’on a aimé. On peut être créatif et raconter les histoires de ces gens de façon originale–ou pas (avec des textes courts ou longs, des photos, des poèmes, un dessin, etc.)."


Le premier de la liste s'intitule: "Quelqu'un qui habite loin..."


Tu es parti tout doucement, chaque jour c'était un abandon de plus, parfois imperceptible: un geste, un éclat de lumière au fond des yeux, une envie, une parole...
Tout doucement et pourtant si vite, et pourtant si loin...

Aujourd'hui, tu habites loin, très loin, cette contrée inatteignable dont il n'est possible de recevoir le moindre signe, même infime...
Si loin, et pourtant si proche

Ailleurs, dans un ailleurs qui n'a pas d'existence et qu'on ne peut pourtant s'empêcher d'espérer
Loin, mais présent dans le livre oublié depuis tout ce temps, dans le sourire d'un de tes petits enfants, dans l'âme de la maison, dans le souvenir d'une parole.

loin et si proche...
Aujourd'hui, malgré les années qui s'enchaînent les unes aux autres, tu n'habites pas si loin car c'est en moi que tu habites.



beethoven.jpg, nov. 2020

07 juillet 2020

20 ans déjà!

Au hasard des rangements, j'ai retrouvé cette photo défraîchie et floue, vieux tirage papier, du temps d'avant le numérique, datant de 1997 ou 98, lors d'un de nos premiers séjours sur l'île...

dt.jpg, juil. 2020

En juillet 2000, nous passions nos premières vacances dans la maison-lumière...Comme le temps a filé vite!
Six ans que j'y reviens seule, que je m'émerveille toujours de la magie des lieux et sa présence emplit toujours cet espace qu'il avait créé de toutes pièces à la mesure de son amour pour l'île.