Empreintes fugitives

Les gens qu'on aime #16


C'est écrit, donc je publie...
Quelqu’un d’unique, original, ou un peu spécial

Dans le chemin Huron, sur mon île, j'habite au numéro 3, il habite au numéro 2, nos maisons sont juste séparées par le chemin.
Lorsque nous avons commencé à venir ici, en 1997, sa maison était occupée par des locataires, il était encore en activité et habitait en Normandie. Lorsqu'il a pris sa retraite, il est revenu sur l'île avec sa compagne. Nous avons vite sympathisé, mon mari et lui s'appréciaient énormément. Il a un caractère bien trempé, a un avis sur tout, s'enflamme vite dans la conversation.
C'est un original, marin dans l'âme, jaloux de sa solitude qu'il ne partageait qu'épisodiquement avec sa compagne de l'époque.

Jacques, c'est mon île, c'est le copain des rencontres festives et l'ami des mauvais jours , c'est la complicité, les discussions sans fin où nous nous écharpons de bon cœur car nous ne sommes jamais d'accord, c'est l'entr'aide, la main tendue.

jacques_1.jpg, nov. 2020

Un an environ après le décès de mon mari, il avait une nouvelle compagne, à l'occasion d'un séjour hivernal elle se tenait sur la réserve, un peu distante, puis m'a finalement avoué:
"Vous savez, il me parlait si souvent de vous. Quand au téléphone, il me disait - Ce soir, je dîne avec Annie - ....J'étais franchement jalouse, je me demandais ce que vous étiez pour lui…"
Je m'entends bien avec elle, maintenant, j'ai appris à la connaître et elle n'est plus jalouse!
Mais les moments les plus précieux que nous passons ensemble avec Jacques, c'est lorsqu'il est seul sur l'île et que nous nous rencontrons autour d'une bonne bouteille et que les heures s'égrènent au fil des échanges enflammés.

C'est Jacques qui m'a initiée à la pêche sur son bateau.
Il m'appelle au téléphone, "la mer est bonne, tu viens? " Nous nous retrouvons alors pour des moments privilégiés que nous passons le plus souvent en silence, savourant l'un et l'autre la liberté d'être en mer, la beauté qui nous est offerte.

jacques_3.jpg, nov. 2020

Quand ma fille aînée a fait sa connaissance, elle m'a dit: "Tu sais, Jacques, il me fait penser à Grand-Papa…" et c'est vrai qu'il a beaucoup de points communs avec mon père, je pense que cela compte pour beaucoup dans l'affection que j'ai pour lui.

jacques_0.jpg, nov. 2020

Heureusement qu'il ne lira jamais cela!

Commentaires

1. Le 27 novembre 2020, 06:19 par mirovinben

Ce beau texte méritait bien d'être publié.

Comme les précédents il me fait replonger dans mon passé. Du coup, j'encombre tes commentaires de mes réminiscences.

Il me rappelle l'époque où j'avais beaucoup de copines, juste des copines comme on peut avoir des copains. Amitiés simples (et sans aucune ambiguïté pour ma part). C'était d'autant plus évident à mes yeux que j'étais "chef" d'une "meute de louveteaux" aux Scouts de France. J'avais alors une jeune vingtaine d'années et il n'y avait à l'époque que 2 "louvetiers" et environ 80 cheftaines sur le secteur de St-E.

Ce simple copinage étonnait beaucoup de monde.

2. Le 27 novembre 2020, 17:17 par Anthom

J'ai toujours vécu entourée de davantage de garçons que de filles, je sais mieux travailler avec les hommes...Et j'ai toujours été la copine, l'amie, sans ambigüité aucune.

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