Empreintes fugitives

Les gens qu'on aime #10



quelqu’un qui aime l’art

L'art, sous toutes ses formes, tient une grande place dans ma vie.

Comme j'aimais le dessin, quand j'eus quatorze ou quinze ans, mes parents m'inscrivirent à un atelier dirigé par Marguerite C., dessinatrice et comédienne, fille d'un tisseur stéphanois. Son atelier était situé sous les combles de l'atelier familial, dont les fenêtres immenses, s'ouvraient sur la cour intérieure de l'un de ces immeubles de passementiers de la rue de la République. Nous étions peu nombreuses, ce qui m'allait très bien, inquiète que j'étais du regard des autres sur moi. Nous commencions par un temps de yoga puis Mademoiselle C. s'appliquait à libérer notre imagination, à nous dégager des règles, à nous faire découvrir les matières, les textures. On ne faisait pas uniquement du dessin ou de la peinture, mais des collages, du modelage…A la belle saison, elle nous emmenait parfois en car à Bonson, dans sa maison familiale et nous allions peindre en pleine nature, le long de la Loire. "Peins ce que tu vois, ne te préoccupe pas de ressemblance," nous disait-elle. Elle était très attachée à une création libre de contraintes, elle privilégiait le regard personnel, les sensations. Elle aimait profondément son art, mais je crois qu'elle aimait plus encore transmettre cette passion.
Cette femme originale, au franc-parler, profondément pédagogue me marqua intensément.
Ma vie a été jalonnée de personnes comme Marguerite C. dont l'amour de l'art était fait de partage et de communication.

Durant mes années lyonnaises, j'ai accompagné la destinée d'une association musicale dont l'école transmettait l'enseignement de Jacques Chapuis, musicien suisse fondateur l’Association internationale d’éducation musicale Willems, dont la méthode a pour but de favoriser l'épanouissement de l'enfant par la pratique collective de la musique, et par le travail de l’oreille harmonique. L'éducation artistique y était d'abord apprentissage du monde, de sa perception et apprentissage de soi.
Je retrouvais d'une certaine façon la sensibilité de Marguerite C., sa conception de l'art et de ce qu'il doit apporter à l'individu en devenir.
Tout au long de cette aventure musicale, j'ai côtoyé de belles personnes pour lesquelles l'art était d'abord dans le regard et dans l'oreille de celui qui le pratique ou le découvre.

Nicole, Marie Hélène, Frédéric, Pascale, Véronique, Jean Do, Christophe...et tous ceux qui, aujourd'hui encore, font vivre cette école, des personnalités lumineuses…

isa_piano.jpg, nov. 2020

Commentaires

1. Le 15 novembre 2020, 06:46 par mirovinben

Commencer un cours de dessin par un temps de yoga, quelle belle idée !...

A une époque de ma vie (c'était la période où j'habitai St E...) je rêvais de vivre du dessin. Soit architecte, soit dessinateur de BD. C'était après mes deux années vécues à Épinal, où j'étais fasciné par l'univers de la typographie...

Et je suis devenu peu après technicien télécom... Sans regrets. Comme quoi les parcours de vie sont parfois inattendus.

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