Empreintes fugitives

Les gens qu'on aime #8

quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis longtemps


Il y en a tant!
Les études, les débuts professionnels, l'installation dans la vie, le hasard des mutations, la prise de nouvelles responsabilités dans la vie publique, les associations dans lesquelles je me suis successivement engagée, l'agrandissement de la famille s'ouvrant à de nouveaux cercles...chaque strate de ma vie a amené puis emmené de nouvelles personnes, des gens que j'ai fréquentés par le biais d'activités communes, de cheminement professionnel, des gens que j'ai appréciés, qui sont parfois devenus des amis.

Tous, à un moment ou à un autre ont vu leur chemin s'écarter du mien, on a parfois continué à se donner de loin des nouvelles, puis de moins en moins. Ce n'était pas de la désaffection ou de l'indifférence mais il faut partager un certain nombre de choses au présent pour pouvoir continuer à nourrir une relation.

Lorsque nous avons quitté la région lyonnaise où s'était déroulée notre vie professionnelle, nous avons été happés par les travaux à faire dans la maison familiale dont nous venions de prendre possession. Et puis les jours difficiles ont commencé, avalant toute notre faculté à communiquer avec les gens en dehors du cercle intime.

Avec les gens qui comptent vraiment pour moi, des cousins essentiellement, j'ai une relation régulière par courriel ou téléphone, je ne peux pas dire que je ne les ai pas vus depuis longtemps.
Si je suis capable d'avoir une vie sociale débordante, celle-ci ne débouche jamais sur du copinage et encore moins de l'amitié, et mes rares vrais amis, je les vois régulièrement.
Donc, quelqu'un que je n'ai pas vu depuis longtemps, il y en tant et tant, mais franchement, j'aurais dû mal à en évoquer une ou un plus particulièrement!

Commentaires

1. Le 12 novembre 2020, 17:35 par Dr. CaSo

Je suis toujours étonnée par ce genre de réponse que je vois ici et dans mes commentaires aussi. Est-ce parce que je n'ai pas encore atteint "l'âge où on oublie tout"? Ou parce que je ne laisse pas la déprime ambiante me consumer entièrement? Ou est-ce que je m'attache trop aux gens autour de moi? Pourtant j'a beaucoup déménagé dans ma vie, et changé de travail aussi. Je ne comprends pas qu'on puisse bosser dans le même lieu pendant des décennies et ne pas se faire d'amis., ou ne pas se souvenir de ces amis, ou ne pas être reconnaissant d'avoir eu ces amis. Je suis réellement intriguée (et j'ai un peu peur aussi)!

2. Le 12 novembre 2020, 19:43 par Anthom

Je ne pense pas "oublier tout". Tous ces gens qui ont partagé un bout de chemin avec moi, je ne les ai pas oubliés et je les ai appréciés, j'ai aimé travailler avec eux. Certains ont été des amis à un moment donné mais la vie les a bousculés, comme elle m'a bousculée moi, des priorités se sont imposées à eux comme des priorités se sont imposées à moi et chacun a forcément continué sa route ailleurs, autrement. Lorsqu'on n'est plus géographiquement proche des autres c'est très difficile de rester dans le coup. Les rencontres qu'on fait à 30 ans se cristallisent autour des activités communes, souvent autour des activités de nos enfants, Les enfants grandissent, nous font entrer dans d'autres sphères familiales et il nous est impossible de nous démultiplier. Enfin je pense que la vie nous change aussi et change les autres autour de nous. Mais, je le redis, je ne regrette aucune des rencontres que j'ai faite et toutes m'ont apporté quelque chose comme j'espère à mon niveau avoir apporté un petit quelque chose à ceux dont j'ai croisé le chemin.

3. Le 12 novembre 2020, 19:58 par Dr. CaSo

Merci pour la réponse :) Je comprends très bien qu'on évolue tous de "sphère" en "sphère" au gré de nos vie. Mais alors pourquoi ne pas parler des gens qui ont été importants dans une sphère par exemple? Quelqu'un qui nous a beaucoup aidé "dans une autre vie"? J'ai bien dit qu'on pouvait mettre tous mes "thèmes" au passé, et c'est justement ce petit exercise de se souvenir du passé et de ces gens qui ont eu une influence sur notre vie pendant un moment bien précis qui est intéressant :) Enfin... je ne critique pas, je suis juste surprise.

4. Le 13 novembre 2020, 05:55 par mirovinben

Ayant beaucoup déménagé entre ma naissance et ma rentrée dans la vie professionnel vers 25 ans, j'ai été amené et j'ai pris l'habitude d'ouvrir facilement des cercles et d'en fermer d'autres sans trop d'états d'âme.

Un veuvage précoce, des évolutions fréquentes dans un métier passionnant et des changements fréquents de loisirs m'ont amené à continuer d'ouvrir des cercles nouveaux et d'en fermer d'autres.

J'ai gardé de bons souvenirs de toutes ces périodes et suis heureux de certaines rencontres mais je tourne facilement la page. Y compris du côté de ma famille, très éclatée géographiquement.

A présent, fatigué de ce monde agité, incohérent, superficiel, violent qui m'est devenu incompréhensible, je coupe progressivement les ponts et me transforme de plus en plus en ours au fond de ma tanière. Où je me sens si bien.

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