PAROLES FUGACES

Mots tracés sur le sable, petits écrits virtuels, images rêvées...

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Mot-clé - jardin secret

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mardi 23 avril 2013

Comme le phénix...

Ils étaient soigneusement rangés dans les cartons dûment étiquetés,
Emmaillotée dans plusieurs couches de tissu, elle était bien calée dans son propre carton,
Tout cela attendait depuis le déménagement.
Bien d'autres priorités avaient repoussé à plus tard le projet.
Et puis, samedi, il y avait un reportage sur le Disquaire-Day...
Hier, je suis allée dans ce qui nous sert à la fois de grenier et de garde-meuble, l'ancienne salle de jeux aménagée par mon père pour ses petits-enfants, au fond du jardin. J'ai ouvert les cartons, constaté que rien n'avait souffert et ramené la platine et quelques disques pour tester.
D'abord vérification de l'état de marche, puis grand nettoyage, branchement à l'ampli. Un 45 tours de Dire Straits, d'abord, ensuite un 33 tours: Neil Diamond, le premier que j'avais sorti.
Le son est là, toujours le même, quelques infimes réglages pour un grand coup de nostalgie!

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Vous entendez ? Tout de suite, pendant que j'écris, c'est Julos Beaucarne au Théâtre de la Ville en 1977...

dimanche 17 mars 2013

Boite d'essais

Mon père a eu deux vies professionnelles. Dans sa seconde, la plus longue, il était opticien-acousticien. Il avait noué des liens d'amitié avec l'un des médecins ophtalmologistes avec lesquels il travaillait. Mon père était encore en activité lorsque celui-ci prit sa retraite, il lui fit alors cadeau de la "boite d'essais" qui l'avait accompagné toute sa carrière durant.
Souvent, lorsque je rendais visite à mes parents, je soulevais le couvercle de cette boite magique qui occupait toute une case de la bibliothèque et dont les éléments me semblaient autant de syllabes d'une langue étrangère!
Son coffret est en bois précieux, incrusté de cuivre; à l'intérieur, elle est habillée d'un velours destiné à protéger les verres fragiles qu'elle contient et que les innombrables manipulations ont usé et terni.

boite d'essais

J'en ai à mon tour hérité et, lorsque j'en dévoile le contenu, la magie opère toujours...

samedi 8 décembre 2012

Huit


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Cette photo n'est pas récente...
Pendant des années (tout le temps que nous avons habité à côté de Lyon), nous avons respecté la tradition du 8 décembre (qui s'étendait d'ailleurs jusqu'à Saint-Etienne lorsque j'étais gosse!) et j'ai encore des lumignons en verre aux lumières chaudes de vitrail qui ont plus de cinquante ans!
Toutes les fenêtres de la maison étaient ainsi garnies et nos filles gardaient tard dans la nuit les yeux rivés sur les flammes fragiles qui dansaient derrière les vitres de leur chambre.

A Lyon et dans toute sa banlieue la magie des lumières tremblotantes qui soulignaient chaque fenêtre enchantait cette nuit du 8 décembre dont l'origine remonte au XVIIème siècle. (Pour des explications, c'est ICI)
Aujourd'hui le 8 Décembre à Lyon est devenu un événement culturo-mercantile, spectaculaire certes, mais qui n'a plus grand chose de magique!
Depuis que nous sommes installés à la Grangeneuve, les lumignons restent bien emballés dans leur carton...il me semble que cela n'aurait pas le même sens...

samedi 9 juin 2012

Emotion

Tout à l'heure, dans l'émission de Philippe Meyer consacrée à Paco Ibanez, j'ai entendu "Andaluces de Jaén"

Séquence souvenirs...

lundi 7 novembre 2011

Marchés (juillet 1973)


Marchés...Dans chaque village, chaque oasis, ils sont foyers de vie, creusets d'interminables palabres nées pour le morceau d'étoffe ou la théière dont on veut faire baisser le prix, certains riches de couleurs, d'odeurs, d'autres misérables - à peine quelques vieillards assis auprès de couffins remplis de dattes fermentées ou entourés de courgettes et de melons sans saveur-.
Marchés...Ils ont tous quelque chose à offrir: c'est une fête des sens qui explose sur chaque place brûlée de soleil et dans chaque ruelle, le long des boutiques où l'eau fraîche gonfle le guerba accrochée à l'entrée.
A Blida, la nuit envahit les rues. Depuis les avenues européanisées jusqu'à l'ancienne "ville coloniale", le marché descend, barrant les impasses et accrochant une foule de vendeurs habiles et de charrettes croulant sous les fruits le long des ruelles sombres. Les portes des boutiques s'ouvrent sur les tailleurs figés dans une pose immuable devant d'antiques machines à coudre. Les couffins remplis d'épices et de graines mystérieuses à l'odeur entêtante débordent des échoppes, les gamins se faufilent à travers la foule qui va l'un marchand à l'autre.
Foule placide et curieuse, dans laquelle on n'aperçoit pratiquement pas de femmes.
Impassibles, assis en tailleur sur la chaussée, deux vieillards jouent aux échecs, indifférents à l'agitation.
Parfois une porte décorée d'arabesques et d'entrelacs s'ouvre sur les vapeurs du hammam, répandant sa chaleur dans de mystérieux couloirs éclairés par des lampes voilées de rouge.
Deux heures plus tard, il ne restera que les fruits éclatés et pourris gui rendent la chaussée glissante, les amas de déchets dans lesquels les gamins viennent fouiller à la recherche de quelque chose qui puisse être récupéré. Les ruelles auront retrouvé leur calme, entourées de murs aveugles aux portes fermées.
Dans le Sud, les marchés s'éparpillent sur les places, les échoppes s'abritent sous les arcades. Étalages hétéroclites où la théière en argent voisine avec la série de cuvettes émaillées drôlement rangées de la plus petite à la plus grande. C'est une débauche de valises, de réveil-matin,d'objets inutiles et désuets dans ce décor gui confère aux choses une autre valeur.
A dix-sept heures quand renaît le marché de Gardhaia, la chaleur est encore accablante mais la semi-obscurité des boutiques et les parcelles d'ombre projetées par les arcades blanches donnent une illusion de fraîcheur. C'est l'odeur des étals de viande gui surprend d'abord: forts relents de mouton, avivés par la chaleur, rendus presque palpables par le bourdonnement des mouches qui s'agglutinent autour des têtes couvertes de sang séché. Toutefois, on s'habitue vite aux mouches et à l'odeur du mouton masquée par tous les parfums gui imprègnent ces rues étroites! Entêtant, celui des épices ...plus subtil, mais tout aussi pénétrant, celui les couffins d'alfa, qui rappelle l'odeur de foin coupé. Par-dessus tout plane un insaisissable mélange fait de sueur, de cuir tanné et de poussière chaude.
Dans les dernières oasis du Sud qui jalonnent la route transsaharienne, les marchés enveloppés de poussière rouge sont engourdis par la chaleur; rassemblés sous une construction en arcades de terre battue, les marchands, presque tous des vieillards, hommes ou femmes sans âge, attendent de vendre la poignée de dattes pas encore mûres ou la bimbeloterie dérisoire gui remplit les paniers.
Ils semblent pétrifiés dans une immobilité hors du temps: vieilles aux bras maigres où chante l'argent des bracelets, visages ridés où seuls vivent les yeux dans l'ombre du chèche noir. C'est déjà une certaine image du Sud que donnent ces silhouettes vêtues de bleu où l'on ne distingue des visages qu'un regard énigmatique, tourné vers un autre monde, silhouettes furtives entrevues à la limite de l'oasis, là où les derniers palmiers d'Aïn Salah se laissent absorber par le désert.

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jeudi 6 octobre 2011

De quel pays es-tu?

A la rubrique "PAYS", le Dictionnaire Robert donne, entre autres, plus évidentes, cette définition:
"Région géographique, plus ou moins nettement limitée, considérée dans son aspect physique ou humain"

On est d'un pays à ce sens là du terme lorsque le cœur bat au rythme de ce pays, lorsque l'on reconnaît cet indéfinissable souffle de l'air en train de changer, ce nuage apparemment innocent prêt à crever, cette couleur de l'horizon annonçant l'orage aux aguets. C'est comme une adhésion de tout l'individu aux formes, aux couleurs, aux odeurs du paysage qui fait dire: "j'appartiens à cette terre".

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J'ai grandi en citadine jusqu'à l'adolescence.
Ma mère et mes grands-parents maternels étaient né en ville et, pour eux, la campagne était liée exclusivement aux dimanches et aux vacances. Mon père quant à lui avait "désappris" la campagne mais en avait gardé une nostalgie profonde que l'acquisition de la Grange neuve effacera enfin.
A cinq ans j'ai découvert l'Océan dont le mouvement et l'odeur me deviendront vite indispensables.
Adolescente, j'ai enfin pu parcourir à ma guise, en vélo ou à pied, des kilomètres de chemins de terre dans un territoire forézien qui avait échappé au remembrement des terres agricoles et offrait beaucoup de similitudes avec le bocage vendéen.



Lorsque les quatre roues de ma première voiture m'offrirent enfin la liberté dont je rêvais, j'explorais tous les paysages et je me crus, successivement, de tous les pays traversés: j'étais chez moi sur les chemins ardents et aromatiques du Lubéron, dans la blancheur des Alpilles, dans les bois sombres et austères de la Haute-Loire, face aux sommets bleuis de la combe savoyarde, sur les routes verdoyantes du Brionnais, où le brouillard au petit matin, accrochait des perles étincelantes aux arbres...

Un jour, je fis la rencontre du désert algérien et mon regard se perdit dans l'onde rousse des dunes, océan faussement immobile et scintillant à l'aplomb du soleil de midi, faiseur de mirages...

Plus tard, je pensais me reconnaître dans les plateaux crayeux du Vercors, les routes trouant l'ombre bleu marine des pentes, les chemins débouchant sur d'improbables prés noyés de soleil, enluminés par l'explosion des fleurs de montagne. J'y bâtissais en rêve ma maison.

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Mais, les retrouvailles définitives avec l'Océan datent de 1997 et, en lui, je reconnus enfin mon pays

Je sais aujourd'hui que le même sentiment d'appartenance unit en moi les couleurs du désert saharien, les brouillards qui estompent les contours de la plaine forézienne et le mouvement inlassable de l'Océan.

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Voilà de quoi combler le poisson zodiacal qui est inscrit en moi!

vendredi 23 septembre 2011

La Pentapole

Ghardaïa
Ghardaïa, capitale de la Pentapole [1] Pour en savoir plus...[2]

De Laghouat à Gardhaïa, la route est sans doute une des plus belles d'Algérie, malgré l'air étouffant, malgré la luminosité incandescente du soleil à l'horizon qui plombe le ciel, belle et déconcertante: chaque kilomètre y révèle un paysage différent, un nouvel aspect du désert; aux étendues pierreuses succède un décor torturé, dans lequel les blocs de rochers se bousculent et se chevauchent. Et, à l'horizon, derrière nous, le ciel se voile de couleurs indéfinissables,les roses se fondant au milieu des bleus pâlis d'une atmosphère trop lumineuse. Décor mobile où le regard surpris se heurte à une image sans cesse renouvelée.
A la fin du trajet, la route s'insinue à l'intérieur d'une enfilade de blocs rocheux d'ocre pâle, cailloux qui dévalent le long des pentes, poussière qui vole dans l'air chaud; et puis, au débouché d'un dernier virage, apparaît soudain l'oasis de Gardhaïa, sans doute la plus belle et le plus riche.

Gardhaïa est nichée au creux de la vallée, les collines rocheuses qui l'entourent masquent les autres villages de la Pentapole, Beni-Isguen, de bleu et d'ocre au soleil couchant, Melika, la rousse, El Ateuf et Bou-Noura. Tu avais dit: "Il faut voir le soleil se lever sur Gardhaïa... Pendant les préparatifs du voyage, à elle seule, sans que nous ayons la moindre idée de sa réalité concrète, Gardhaia symbolisait à elle seule toutes les découvertes qui nous attendaient. Par une étrange ironie, nous n'aurons pas vu le soleil se lever sur Gardhaia, mais de cette oasis sereine je garderai la vision colorée du marché et l'exceptionnelle lumière enveloppant Beni-Isguen au couchant.
Depuis Laghouat jusqu'à Aïn-Salah, ce sera chaque fois la même impression, la même émotion lorsque surgira brusquement à l'horizon le vert sombre des palmiers nés du désert. Ce qu'il y a de plus surprenant dans chaque palmeraie ce sont ses limites précises: la plantation s'étire, s'étire, va à la rencontre du désert et s'interrompt d'un coup comme si venait de se dresser une barrière invisible gui empêche les palmiers de pousser au-delà. De toutes les oasis que nous avons traversées, ce sont sans doute celles de la Pentapol qui m'ont le plus impressionnée:

Melika dressant sur le piton rocheux le minaret étrange de sa mosquée, Melika aux maisons d'ocre rouge qu'embrase le soleil, Gardhaïa, endormie au milieu de ses palmiers, toute en dédale de ruelles où courent les enfants, où s'ouvrent d'incroyables échoppes, où l'on découvre, entassées parmi les couffins d'alfa odorant, des vanneries où chantent les couleurs, Gardhaïa gui s'anime chaque jour vers dix sept heures, lorsque renaît le marché au cœur de la ville, univers coloré et sonore que domine le long sanglot des ânes attachés en pleine chaleur.

La plus belle de toutes les villes de la Pentapol est certainement Beni-Isguen, "la ville sainte". On n'entre pas à n'importe quel moment à Beni-Isguen, l'accès de la ville, fortifiée comme toutes celles de la Pentapol, est interdit aux heures de prière ainsi que le vendredi. Les Mozabites qui règnent sur la région y conservent jalousement la tradition du Coran dans sa pureté et son intransigeance. Pourtant les ruelles de la petite ville n'ont pas un aspect sévère, le peinture bleue des maisons, à l'architecture étrange y dispense une impression de fraîcheur que rend encore plus sensible la présence des puits à chaque détour de rue. Les maisons accolées les unes aux autres ont des formes indéfinissables où les angles n'existent pas. Harmonie des formes et des couleurs que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Chaque entrée ouvre sur un couloir sombre qui semble s'enfoncer sous la maison: au fond du couloir, peinte sur le mur ou imprimée avec un verset du Coran, brille la traditionnelle main qui protège contre le mauvais sort. Mais l'obscurité dissimule l'entrée véritable. Lorsque l'on assiste au coucher du soleil, de la route d'El Goléa gui surplombe la Pentapole, on découvre Beni-Isguen au premier plan et la lumière du soir fait briller les ocres et les bleus de ses demeures d'un reflet encore accru. De la ville monte une indicible impression le calme et de sérénité.

Secouée de leur torpeur, les ruelles s'animent en fin d'après midi, à l'heure du "marché aux enchères", étrange ballet, incompréhensible d'abord et qui devient vite fascinant. Délégués par des commerçants, les commis font le tour de la minuscule place, en courant presque, brandissant à bout de bras ce qu'ils offrent aux "clients" assis tout autour sur les marches de pierre qui bordent les maisons. Et c'est un incroyable mélange d'étoffes, de vaisselle dépareillée qui défile à toute allure devant nos yeux. Passe même un petit vieux gui pousse devant lui une antique bicyclette branlante, celui-là même oui, il y a cinq minutes qui proposait une cuvette émaillée. Un Mozabite nous avait, du geste, offert un morceau de couverture pour que nous puissions nous asseoir sur la chaussée, à côté de lui, devant la porte de sa maison. Pour tout discours, un sourire..

Et l'agitation des commis qui tournent inlassablement autour de la place contraste étrangement avec la placidité de ces hommes assis là, vieillards aux traits calmes, indifférents, semble-t-il, à la vente, les yeux tournés vers un rêve intérieur sans fin.

Le désert impose sa gravité et son intransigeance, Gardhaia offre la fête.
Fête des sens exaltés par l'odeur indéfinissable qui imprègne l'atmosphère du marché, fête de la lumière - lumière rouge sur Melika, ardente et sauvage, lumière bleutée et pâlie, au couchant, sur Beni-Isguen - fête de l'accueil, débauche de musique dans le jardin de le palmeraie, bruit de l'eau qui coule dans la nuit...Algérie impérieuse et fascinante... la chaleur décuple les sensations et allonge le temps. Dans le jardin de la maison, au milieu de la palmeraie, les tapis ont été étendus sur la terrasse où les torches électriques jettent un éclairage dansant. L'ombre des arbres resserre le jardin, le referme autour des musiciens et des convives. Le temps se décompose en milliers de parcelles vivantes dont chacune reflète une note de musique ou un pas de danse. La réalité se dissout, plus rien n'existe que les reflets mouvants de la lumière dans les feuillages, que l'odeur à peine perceptible de l'odeur de la piscine, que l'ombre mystérieuse des murs de la maison. Heures légères, où le couscous servi dans le grand plat de bois poli par l'usage,le rythme lancinant des darboukas et de la flûte , le balancement de la danse tissent un lien entre les hommes, abolissant le temps et l'espace.

La version originelle de ce texte date de 1973. Au moment de le reprendre, j'ai hésité entre garder le présent utilisé logiquement à l'époque de l'écriture et le remplacer par l'imparfait car je n'ai pas la moindre idée de l'image qu'offrent aujourd'hui ces villes du M'zab que j'évoque ici. J'ai finalement conservé le présent qui rend fidèlement les impressions ressenties à cette époque-là.

Notes

[1] cinq villes édifiées au XIème siècle par les Ibadites dans la vallée du M'zab forment la Pentapole: El Atteuf, "le Tournant", Bou-Noura, "La Lumineuse", Beni-Isguen, "La Ville Sainte", Melika, "La Reine", et Ghardaïa

[2] le site de l'Unesco

vendredi 19 août 2011

Traces: Croix-de-Vie


Port-Terrasse en 1959

La maison s'appelait "Port-Terrasse": Le soleil y traçait les mêmes "peignes" que sur les maisons de l'île, mais, à cette époque-là je n'y prêtais pas encore attention! Maison traditionnelle de pêcheur, elle ouvrait ses deux fenêtres principales à la sortie du bourg, au début du remblai menant à la plage de Boisvinet, bordé de villas du début du siècle.
De là on avait vue sur le chenal qui reliait le port à l'océan et sur l'imposante digue dans laquelle un bombardement avait ouvert trois blessures béantes par lesquelles on entrevoyait les dunes bordant la côte plus au Sud et qui avait laissé d'étranges fragments de muraille semblables à d'immobiles icebergs de pierre.


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En sortant de la maison, chaque matin, je prenais à gauche. Après avoir dépassé le vieux môle, je longeais l'abri du canot de sauvetage dont la rampe descendait dans le premier bassin de l'avant-port, je traversais la voie de chemin de fer et je regagnais le port par l'étroite coursive de pierre qui bordait le quai.


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Le port sardinier et thonier vibrait d'une activité qui se propageait depuis les bateaux et la joyeuse pagaille qui animait l'arrivée des pêcheurs, jusqu'aux bâtiments de la criée devant lesquels séchaient les filets à ramender et la halle aux poissons décorée de mosaïques aux couleurs vives, qui se dressait de l'autre côté du quai.

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Chaque soir, face au chenal, je guettais le retour des sardiniers...


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A Croix-de-Vie, j'appris l'Océan...et la photographie...[1]

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Notes

[1] clichés pris avec un Kodak Retina, film Kodak pour diapositives, l'appareil que j'utilise là, mon premier, est un Kodak Brownie

mardi 16 août 2011

Mémoire olfactive

Billet paru sur mon ancien blog et dont j'ai retravaillé le texte

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vendredi 12 août 2011

...parce que j'ai beaucoup pêché...

J'ai pêché au filet,
J'ai pêché à la traîne,
J'ai pêché "à la turlutte",
J'ai pêché aux ballonnets...
J'ai pêché à la mitraillette (eh oui!)

La traîne, c'est le plus ennuyeux: la ligne (le fil) est fixée à un gros moulinet, derrière le bateau, on la laisse traîner pendant que le bateau avance en pilote automatique, tout doucement. De temps en temps on agite un peu la ligne pour voir si "ça tire", on remonte un peu le fil, puis on relance tout à l'eau. C'est idéal pour la conversation, mais pas très actif!
La "turlutte", c'est pour pêcher la morgate (la seiche en français de France), on accroche le leurre au bout de la ligne: un beau poisson multicolore terminé par plusieurs hameçons en grappin, on déroule le fil à l'aplomb du bateau, on l'agite doucement pour faire bouger la turlutte dont les reflets brillants vont attirer la morgate, on remonte de temps en temps pour vérifier la prise qu'il faut ensuite attraper au vol avec une épuisette (la "trouille") en évitant de se faire asperger d'encre.
La mitraillette est une ligne classique reliée à une canne et dotée d'un moulinet. Son nom vient du fait qu'il y a plusieurs hameçons plumes accrochés en rafale le long de la ligne.
La pêche aux ballonnets est très active: on immerge une ligne à trois fils, dotés chacun d'un hameçon appâté avec des tentacules de morgate par exemple, on leste d'un poids et on relie la ligne à un flotteur et un drapeau qui servira de repère. On installe cinq ou six dispositifs analogues à quelque distance les uns des autres, on attend une heure et on vient relever. Quel bonheur lorsque apparaît le corps d'une dorade pagre, d'un rose brillant et irisé, bleuté par les reflets de l'eau!
Ce que j'aime: se pencher et appuyer tout son corps contre la coque pour attraper d'une main (l'autre est agrippée au bateau) le drapeau au moment où le bateau le contourne à toute petite vitesse et où il apparaît, penché sur la crête de la vague...Mais, quand ça clapote, c'est du sport!
Le filet, c'est le plus sportif: faire filet le bout' (on ne parle jamais de corde sur un bateau) jusqu'aux poids qu'il faut relever, faire filer ensuite jusqu'au filet de 50 mètres (c'est long ça, je vous le garantis!) qui est hissé à bord en séparant soigneusement les deux bout', le blanc et le bleu.
On est deux, il faut garder l'équilibre malgré le tangage du bateau à l'arrêt, le filet est alourdi par le poisson (si on a de la chance) ou par les algues (là, c'est pas de bol!!). Ensuite, accroupi sur le pont, on dégage les pinces des "araignes" et des dormeurs prises entre les mailles, on enlève les algues emprisonnées, il faut ensuite patiemment faire filer chaque bout' pour ranger le filet proprement. Cette opération peut facilement prendre deux heures!
J'ai pêché et j'ai appris à barrer le bateau!

Vivement l'été prochain!

l'étrave derrière le Persévérance

mercredi 10 août 2011

Au bout de la route

Spécialement pour Lynxxe, avant que nous ne quittions l'île...

corto maltese

Corto se donnerait-il ici des airs de Saint François d'Assise? Par quelle magie réunit-il dans la même écoute attentive le chat et l'oiseau?